J’ai un rapport particulier à la poésie.
J’en lis peu. Les manifestations poétiques, au mieux, m’embarrassent ; du moins comme spectateur. Mais, l’instantanéité d’un sentiment, d’une émotion, cette pensée qui trotte jusqu’à finir par m’obséder, la petite voix dans ma tête qui me susurre un vers, une image qui s’altère pour devenir mots, tout cela termine souvent en poème.
J’ai donc la poésie sensible et ce n’est qu’au cours de son écriture qu’elle deviendra un morceau d’un plus vaste projet artistique que je dénomme « recueil ». Dans le cas contraire, elle finira sur mes réseaux sociaux et sur ce site avec pour sous-titre : poésie hors recueil.
Après quoi, je souhaite à ces poèmes de rencontrer lectrices et lecteurs, lesquels verront peut-être dans ces instantanés autant de vérités parcellaires que l’on dénomme « art ». Et s’ils peuvent générer un peu de lumière vers son auteur pour une publication future ou n’importe quoi qui l’extirpe un tantinet des ténèbres ; pourquoi pas y consacrer quelques minutes en plus à les éditer, les publier et les diffuser. Mais j’ai l’espoir gardé, ne pouvant pas devenir cette belle fille, ce mec charismatique, qui se languit en prose et que sa communauté de fans adule. « Je suis qui je suis », si je dois citer un poème de Prévert pour parler de bien des autres.

Ce destin de bouteilles à la mer est probablement plus enviable que les poésies travaillées, contenues dans mes deux recueils et qui attendent désespérément qu’un éditeur trouve mes manuscrits dans des milliers d’autres. Du moins, jusqu’au moment où le désespoir devienne déséquilibre et que je les balance dans le puits de l’autoédition.
En attendant que les blessures de mon ego s’infectent jusqu’au suicide littéraire, je vais arrêter mes publications poétiques ici et ailleurs. Je n’ai pas envie de perdre plus de temps que j’ai pu en consacrer à m’égarer sur ces chemins dématérialisés.
Un dernier pour la route :

N’aimant pas trop expliquer mes textes (j’appartiens à ces gens qui voient dans l’interprétation une continuité de l’art), je dirais juste qu’il m’a été inspiré par ce moment d’absurdité alors que je promenais à Saint-Dié-des-Vosges

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